Salinité, minéralité : ce que la mer imprime dans le vin
La « salinité » dans le vin ne se réduit pas à une notion chimique : elle ne résulte ni d’un ajout de sel ni d’un passage direct du sodium dans la grappe. C’est une impression sensorielle : une sensation de fraîcheur, de vivacité, parfois de légère amertume qui évoque la proximité des marais, la craie humide, l’écume, le coquillage. Cette signature est l’une des plus recherchées dans les vins issus de sols sableux en bord de mer.
Plusieurs mécanismes sont en jeu :
- Transfert de micro-éléments (iode, chlorures, potassium, calcium), favorisé par les embruns et les dépôts éoliens.
- Épaississement des pellicules de raisin, qui intensifie la présence familière mais fugace de notes iodées, parfois inattendues dans des cépages anodins (comme le Melon de Bourgogne ou le Grolleau gris).
- Phénomène de rétro-olfaction unique : en dégustation, le vin appelle une image de marée basse, d’algues ou de cailloux mouillés, échappant aux référentiels classiques.
À titre d’exemple, certaines cuvées de Muscadet Sables et Dunes (Domaine Les Cormiers, Pornic) expriment jusqu’à 4-5 mg/L de chlorures, soit un taux supérieur de 60% aux mêmes cépages sur argile ou schiste (source : laboratoire Œnoconseil Atlantique, 2021).